9 quartiers mythiques de Buenos Aires

Incontournable point de chute lors d’un voyage en Amérique du Sud, la cosmopolite Buenos Aires ne cesse de faire rêver les esprits. Cette capitale du bout du monde, rivalisant avec les Champs Elysées, avec sa légendaire Avenue du 9 Juillet, la plus grande du monde, est à voir au moins une fois dans sa vie. Et ça tombe bien, nous l’avons vu sous tous les angles parce que j’avais répertorié les meilleurs rooftops alentours pour la surplomber. En 5 jours, nous avons eu l’impression de faire plusieurs voyages en un seul. Un peu de Barcelone dans les sols et les façades, des avenues à la New-Yorkaise s’étendant d’un bout à l’autre de la ville ponctuée ça et là de bouches de métro cernées par la hauteur des buildings, des airs de Paris dans des bâtiments haussmanniens, un Soho à la londonienne, un jardin japonais et un quartier chinois, des glaciers partout pour évoquer les influences italiennes de son histoire, des spécialités locales comme le maté, les asados et le dulce de leche partagées avec ses voisins latinos du continent, d’ailleurs les noms de rues et de place sont pour beaucoup des noms d’autres pays et aussi de mois de l’année, on peut le dire, la capitale de l’Argentine nous emmène aux quatre coins du monde !

Maintenant, baladons-nous ensemble dans l’immense Buenos Aires dans ses quartiers mythiques du Nord vers le Sud entre bâtiments historiques, rooftops aux vues exceptionnelles, parcs et tango.

#1 LE QUARTIER DE PALERMO SOHO / BELGRANO

Palermo est un des quartiers les plus représentatifs. D’abord, quartier résidentiel élégant pour les classes moyennes et supérieures, abritant des ambassades et des tours modernes. Ensuite, il peut être considéré comme le poumon vert de la ville avec les fameux Bosques de Palermo (où on dénote déjà d’entrée dans le nom l’influence italienne fortement présente ici), un ensemble d’espaces verts étendus sur 50 hectares avec parcs, lacs, un jardin botanique, un planétarium, un terrain de golf et polo, un vélodrome, un zoo et un jardin japonais, une attraction côtée. L’espace aurait été conçu par un paysagiste français inspiré du Bois de Boulogne à Paris.

Il abrite aussi quelques musées dont celui qui retrace la vie de l’actrice Eva Perón. Ensuite, quartier très jeune, dynamique, fêtard, il a attiré beaucoup d’artistes, de galeries, de créateurs de mode et de bonnes adresses de tables à tester, Soho se conjugue entre restaurants et bars trendy et des oeuvres de street-art. Il continue vers celui de la Recoleta.

A l’Ouest de Palermo, le quartier de Belgrano contient le quartier chinois, devenu une attraction elle aussi populaire des touristes avec son vaste choix de restaurants, de magasins orientaux où probablement faire de bonnes affaires.

#2 LE QUARTIER DE LA RECOLETA 

A l’Est de Palermo, un autre célèbre quartier de Buenos Aires pour son très original Cimetière de La Recoleta. De l’architecture…funéraire, avec des panthéons et caveaux familiaux de la haute bourgeoisie mais aussi de nombreux personnages de l’histoire argentine. On y trouve entre autres la tombe d’Eva Perón.

A côté, un marché local avec la basilique Nuestra Señora del Pilar (Notre Dame du Pilier) et le Musée National des Beaux Arts, un patrimoine artistique unique avec des quantités impressionnantes de collections d’oeuvres d’art de Monet, Manet, Rembrandt, Rubens, Degas, Renoir, Cézanne, Rodin, Marc Chagall, Picasso…

Dans le même quartier, derrière le musée, sur la Place des Nations Unies, il y a une intéressante découverte à faire avec La Flor (Floralis Genérica). Depuis 2002, cette sculpture métallique en acier inoxydable, donnée en cadeau par l’architecte argentin Eduardo Catalano, a une belle particularité. Elle possède un mécanisme qui s’anime grâce à un système hydraulique et à des cellules photovoltaïques et suit les horaires du soleil, les cinq pétales s’ouvrent donc au lever du soleil et se referment au coucher du soleil. En termes de chiffres, elle mesure plus de 20 mètres de hauteur et pèse 18 tonnes et son diamètre passe à 32 mètres quand les pétales s’ouvrent.

Sur l’une des avenues les plus importantes, l’Avenue Santa Fe, trône la somptueuse et baroque librairie El Ateneo. Conçue en 2000 dans un ancien théâtre, elle est basée sur 4 niveaux contenant 200,000 livres, ce qui en fait la plus grande librairie d’Amérique Latine. Incroyable lieu, même la scène a été utilisée pour en faire un salon de thé. Si belle, qu’elle a en 2008 été classée deuxième plus belle librairie du monde par le journal The Guardian et en 2019 comme la plus belle librairie du monde par le magazine National Geographic.

#3 QUARTIER DE RETIRO

Situé à l’Est de la ville, le quartier de Retiro est unique en son genre. Unique parce qu’il n’a pas d’homogénéité, il est plutôt très divers et non harmonisé comme les autres. Il faut dire qu’il concentre énormément de lieux d’intérêt sans liens. La gare centrale, joli bâtiment à l’influence britannique, très fréquentée, avec vue sur la Plaza San Martín et sur le triste bidonville de villa favela 31 (encore appelé Villa Miseria) des logements précaires et une situation sociale misérable, un peu plus loin puis la Tour des Anglais (ou Tour Monumentale), le Palacio Paz, le Plaza Hotel (le plus ancien palace construit), l’édifice Kavanagh (de l’Art Déco dans toute sa splendeur), la Basilica del Santisimo Sacramento, la Basilica de Nuestra Señora del Socorro, le Musée d’Art hispano-américain, le Musée national ferroviaire, le centre naval, le Palacio San Martin, la calle Tres Sargentos, le Théâtre National Cervantes, le Palacio Estrugamou (au style très parisien), le Palacio Haedo (le plus ancien hôtel particulier sur la Plaza San Martin), les trois stations ferroviaires de Retiro, Terminal de Omnibus de Retiro…

C’est dans celui-ci que nous avons résidé au joli et central hôtel de Meliá Buenos Aires. et quand nous sortions pour visiter, les rues étaient plutôt calmes, on passait devant quelques galeries d’art, quelques supermarchés et des pubs, des cafés et des restaurants de quartier (avec les incontournables empanadas!!).

On voit sur ces photos, l’édifice Kavanagh, la Tour des Anglais, la gare, les rues du quartier.

Juste en dessous, un centre commercial où nous avons stationné le dernier jour pour profiter de nos dernières heures avec les spécialités.

#4 LE QUARTIER DE BALVANERA

On l’appelle le macro de la ville, non je veux bien sûr dire le macro-centro de la ville, le quartier de Balvanera, contrasté est un peu divers lui aussi. Librairies, boutiques de meubles, les Halles de El Abasto, plein d’anciens passages, tango, une école, des églises, encore une gare…mais surtout il contient le Palacio de los Aguas Corrientes (Palais des Eaux Courantes), qui à l’époque, était un dépôt d’eau potable devenu aujourd’hui Musée du patrimoine historique, avec toute l’histoire sanitaire de la ville.

#5 QUARTIER DE SAN NICOLAS

Cette fois-ci, nous sommes dans le micro-centro, dans le coeur du quartier financier d’affaires et des arts du spectacle. Avec le quartier Monserrat, le quartier de San Nicolas est le plus ancien de la ville. On y trouve des sièges de banques et d’assurances dans la partie Est. Dans l’Ouest, dans l’Avenida Corrientes, ce sont plutôt les côtés juridique et culturel qui prévalent. Tribunaux et théâtres à tout va. Des buildings élevés de bureaux sur l’Avenida Diagonal Norte, des magasins d’or et bijoux sur la calle Libertad, et la rue piétonne Calle Florida.

Ici, le Centre Culturel Kirchner, à l’architecture d’art académique français du 19ème siècle.

La Calle Florida, est une rue piétonne de 1700m, la plus ancienne de Buenos Aires, en plein centre et très empruntée. Elle commence à la Calle Rivadavia du quartier de San Nicolas et finit au commencement de l’Avenida Libertador dans le quartier de Retiro. Beaucoup de commerces, de boutiques de souvenirs, de cafés, de glaciers, de métros…

Si vous n’avez pas peur des hauteurs, vous pouvez tenter votre chance d’entrer sur les rooftops de grands hôtels, en demandant la permission bien sûr. J’ai rencontré les marketing managers de différents NH Hotels de la ville qui ont accepté de me laisser monter pour regarder la vue et faire quelques prises. Très jolies vues d’en haut, et avec le soleil on a été gâtés ! Première vue sur la plus large avenue du monde avec ses 140m de largeur et ses 4km de distance, l’Avenida 9 de Julio, nom d’hommage au 9 Juillet 1816, jour de l’Indépendance de l’Argentine. Sa largeur non singulière est due à la structure en damier, les carrés étant appelés les « manzanas ».

Sur son parcours, on peut donc croiser l’Ambassade de France, le Teatro Colón, l’Obélisque et la Plaza de la República, la statue de Don Quijote à l’intersection avec l’Avenida de Mayo, la Plaza Constitución, des théâtres Art déco aux enseignes lumineuses, des pizzerias conviviales et des librairies ouvertes tard dans la nuit.

Le Teatro Colón, ci-dessous, est l’un des plus importants théâtres opéra du monde par sa taille, son acoustique quasi-parfaite et son histoire, il est considéré comme un des meilleurs du monde. Il est même possible d’en visiter les coulisses.

Ici, la Plaza de la República, avec l’Obélisque, l’icône de Buenos Aires, fondé en 1936 en commémoration du 4ème centenaire de la fondation de la ville. Il mesure 68 mètres de hauteur (contre 22,87m pour l’Obélisque de Louxor sur la Place de la Concorde à Paris).

#6 LE QUARTIER DE MONSERRAT 

Encore un quartier historique! Monserrat, collé au quartier précédent de San Nicolas, amène notamment à la réputée Place de Mai.

La Place de Mai, la voici, avec le jour on y passait, des manifestations concernant l’avortement. Ce n’est pas pour rien que cette Place ait toujours été une scène d’événements historiques majeurs en Argentine, en plus d’être le plus ancien square et site central de la ville. Elle est née de l’union de deux places, la Plaza de la Victoria et la Plaza del Fuerte. Autour de la Place, les célèbres bâtiments historiques du colonial musée Cabildo, la cathédrale Métropolitaine, la Maison du Gouvernement (Casa Rosada, siège du gouvernement national et donc du pouvoir exécutif, le palais présidentiel, l’Élysée de l’Argentine où vivait d’ailleurs la fameuse Eva Perón dont on parlait plus haut), le Palais du Gouvernement, les banques et les ministères.

On croise aussi dans l’Avenida de Mayo, l’impressionant et dantesque Palacio Barolo, un gratte-ciel de 100 mètres dont on ne peut pas être frappé par l’architecture unique au mélange d’art nouveau et de néo-gothique, mais aussi un peu indienne dans la coupole. C’était le bâtiment le plus élevé de la ville avant que celui du Kavanagh ne fasse son apparition en 1936. Quatre ans pour être édifié et finalement inauguré en 1923 par l’architecte italien Mario Palanti et le chef d’entreprise textile Luis Barolo, tous deux fans de la « Divine Comédie » de Dante, dont il possède de nombreuses références car ils s’en sont inspirés pour la construction. Les 100 mètres représenteraient les 100 chants du poème et les 22 étages de l’édifice sont volontairement répartis en 3 secteurs qui correspondent à l’enfer (au rez-de-chaussée), le purgatoire (14 premiers étages) et le paradis (8 derniers étages + le phare au sommet). Le phare a servi de guide pour les bateaux à l’époque mais maintenant est juste une décoration. Le bâtiment est principalement occupé de bureaux et de galeries. Depuis 2009, il est reconnu monument historique national.

Dans une grande cité comme celle-là, on s’étonnerait de ne pas trouver d’autres grandes places. La Place du Congrès compte parmi elles. On la surnomme parfois avec erreur Place des Deux Congrès car elle a en son centre le Monument des Deux Congrès. Elle est juxtaposée à deux autres places, la Plaza Lorea et la Plaza Mariano Moreno qui ont été toutes trois édifiées dans le cadre des festivités du centenaire de la Révolution de Mai.

La Place du Congrès est reliée de façon historique à la Plaza de Mayo, unissant finalement les deux piliers politique et institutionnel, le pouvoir exécutif à la Casa Rosada et le pouvoir législatif dans le Congrès national, les jalons fondamentaux de la République argentine. Marches, défilés, manifestations et tout le protagonisme qu’il a pu y avoir au cours de l’histoire continuent de se retrouver entre ces deux axes fondamentaux.

Plus loin, dans les jardins de la place, l’une des sculptures les plus précieuses de la ville qui parlera à tout le monde, Le Penseur Auguste Rodin, datant de 1914.

#7 QUARTIER DE SAN TELMO 

L’un des plus vieux quartiers de la capitale avec ses maisons coloniales et ses rues pavées. Vieilles églises, musées, petits magasins, une foire des antiquités et de l’artisanat, des galeries d’art, des bars, des restaurants de grillades, des représentations de tango le soir devant un dîner, des fresques murales, tout ça dans une atmosphère bohème.

On y trouve pas mal de statues de personnages du parcours « Paseo de la historieta » organisé par la ville elle-même, parsemé de personnages de bande dessinée les plus populaires d’Argentine, dont Mafalda. Elles sont réparties sur 3 quartiers, celui de San Telmo, de Monserrat et de Puerto Madero.

Le Marché de San Telmo abrite un petit marché de fruits et légumes, de bons petits stands de nourriture des quatre coins du monde et des magasins de dulce de leche aux différentes saveurs.

En se baladant, on va tomber sur des références parisiennes…

#8 Quartier de Puerto Madero

Ce quartier nouveau, récemment rénové, est bordé de gratte-ciels avec des grands hôtels, des restaurants raffinés, des tours résidentielles de l’immobilier de luxe, des grandes entreprises multinationales telle Google Argentina, des bâtiments de brique rouge, avec vue sur le port de Buenos Aires. C’est surtout une clientèle d’affaires qui se rend là en plus des touristes. Les deux quais sont reliés par le fameux pont suspendu Puente de la Mujer avec son design de courbe, élaboré en 2001 par l’architecte espagnol Santiago Calatrava. Elégant et élancé sur 160m de long et 5m de large, il est aussi conçu de manière à laisser un passage aux bateaux. Buquebus, le service de ferry reliant l’Argentine à l’Uruguay se trouve ici, le long des docks avec ses restaurants et cafés.

Nous avons d’ailleurs été un soir au sommet de l’une de ces tours, dans un hôtel, au Crystal Bar pour voir une vue de rooftop sur le port. Et nous avons fini dans une boîte de nuit dans le quartier de Palermo, au décor de métro new-yorkais, Uptown.

Petite parenthèse Uber avec le prix de courses depuis notre hôtel à Retiro :

Pour le trajet vers le bar à Puerto Madero : 126 AR équivalents à 2,50€ pour 10 minutes

Pour le trajet vers le quartier de La Boca : 143 AR équivalents à 3€ soit 1€ chacun pour 20 minutes

Autres points, le premier jour en arrivant à l’aéroport, nous sommes tombés sur un chauffeur qui n’avait pas de GPS, on a du lui montrer le trajet sur notre téléphone pour aller jusqu’à l’hôtel. Et le dernier jour, quand nous devions aller à l’aéroport, deux chauffeurs ont annulé la course, dans l’urgence de ne pas rater notre avion, nous avons dû finir avec un taxi normal, qui était beaucoup plus coûteux.

#9 Quartier de La Boca

Sa réputation n’est plus à faire, ce quartier haut en couleurs attirent de nombreux visiteurs tout au long de l’année. Le petit Montmartre de Buenos Aires, le Caminito, son aspect visuel pittoresque, son bâtiment symbole en angle, ses maisons en tôle bariolées, peintes de façon dépareillée, ses ruelles multicolores. Le quartier a reçu beaucoup de migrants italiens à l’époque.

Tout autour, des restaurants de grillades et spectacles de rues, des danseurs de tango qui vous proposent aussi d’essayer et vous quémandent le pourboire.

 

Des démonstrations de tango animent le quartier.

Enfin, le quartier de La Boca, c’est bien sûr aussi la Bombonera, le stade mythique du pays et de l’équipe de football CABJ (Club Athletico Boca Juniors), ayant lancé la carrière de Diego Maradona. Inutile d’imaginer à quel point c’est animé les jours de match !

Et ça, c’est la compagnie locale argentine, Aerolíneas Argentinas.

Vous êtes maintenant au courant de l’essentiel des quartiers à voir à Buenos Aires en quelques jours.:)

 

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Caro Travel

Hello, moi c’est Caro Travel, une infinie passionnée de voyage, sur Instagram depuis 5 ans et blogueuse depuis 1 an. Je prends plaisir à écrire pour vous, sur ce qui pour moi, est clairement notre mission sur Terre, permettant de s’ouvrir l’esprit et de devenir toujours quelqu’un de meilleur ! Et quand on est dans une mauvaise passe aussi, il est la meilleure thérapie. De nature spontanée, vous le verrez, je parle toujours avec le coeur, ainsi vous accédez aux informations les plus transparentes possibles sur chaque destination. J’espère vous partager cet amour de la découverte de nos autres cultures soeurs avec qui on cohabite ! Bonne lecture les amigos :)

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